• Elphen

    Divinité associée : Aucune

    Capitale : Elphen

    Ennemis connus : Hith, Carthage

    Date de fondation : 3643 A.E.

    Dates associées : 3643 A.E., 3535 A.E., 3397 A.E., 1877 A.E., 1654 A.E., 1650 A.E., 1625 A.E., 1617 A.E., 1616 A.E., 1575 A.E., 1542 A.E., 1520 A.E., 1440 A.E., 1425 A.E., 1313 A.E., 482 A.E., 474 A.E., 409 A.E., 255 A.E.

     

    Histoire

    La nation elphique est incontestablement l’une des plus vénérables de la Pangée. Créée en 3643 A.E., à une époque où les Souverains « commanditaient » encore les peuples, Elphen se démarquait par son indépendance par rapport à eux. Construite à même les augustes arbres de la Forêt Blanche, elle connut un développement fulgurant. Sur le plan politique, les Elphs mirent à leur tête le plus sage d’entre tous les sages, l’Elpharin, qui devait voir aux destinées de ce grand peuple. Pour l’aider dans sa tâche, on instaura également un Sénat dont les membres étaient choisis pour leur « sagesse ». 

    En 3535 A.E., la forêt reçut la visite d’un mystérieux personnage : le Voyageur Sombre. Contre toute attente, il parvint à obtenir un entretien privé avec l’Elpharin (mais en sortit bredouille). Vexé, il jura de venger cet affront un jour…

    Un peu plus d’un siècle plus tard, en 3397 A.E., un sénateur extrêmement riche, puissant et accompli, Émérillon Éthil, demanda une audience à l’Elpharin. Il conjura son monarque de lui permettre de quitter ses fonctions et de se démettre de toutes ses possessions! Ce désistement inattendu cet elph possédait bien tout ce que l’on pouvait désirer à Elphen surprit et chagrina l’Elpharin, qui avait beaucoup d’estime pour Émérillon. Mais ce qui l’intrigua le plus fut la quête que se proposait d’accomplir son sujet préféré. En effet, Émérillon désirait faire un pèlerinage qui, s’il fallait en croire ses dires, allait le mener à la Rivière Qui Ne Meurt Jamais (et par le fait même, atteindre une meilleure compréhension du Courant Fractal). C’est avec le cœur lourd que l’Elpharin accorda sa bénédiction au souhait de son ami. Sur ce, le pèlerin quitta la Forêt Blanche, avec sa toge et ses sandales pour seules possessions, et ne refit surface que sept années plus tard lorsqu’il fonda l’Ordre Sacré des Chevaliers de Cristal.

    Ce pays connut ensuite de longs siècles de prospérité et de paix relatives. Cette situation enviable ne devait malheureusement pas durer. En 1654 A.E., le nouvel Elpharin, Kantillan, rencontra l’Oracle d’Arachnée (un rituel coutumier en début de règne). Toutefois, ce qui n’aurait dû être qu’une simple visite protocolaire se transforma en de troublantes révélations. Selon la prophétie reçue, une armée encore plus puissante que celle d’Achéron allait bientôt déferler sa toute-puissance sur la Forêt Blanche!

    Anxieux, le nouvel Elpharin s’enquit auprès du Sénat sur la possibilité de se voir octroyer les pleins pouvoirs pour une période de 250 ans (afin de parer à la menace, évidemment). Le Sénat, autrefois si prudent lorsqu’il était question des libertés civiles, accepta.

    La première mesure prise par le nouveau dictateur fut de créer les infâmes fermes de production. Sous le contrôle des grandes familles du Sénat, elles devaient cultiver les vivres nécessaires pour une longue guerre et avaient d’impossibles quotas à respecter. Au fil du temps, elles se transformèrent en de véritables camps de concentration, broyant dans leur mécanisme infernal des milliers d’elphs dont les seuls crimes furent d’avoir été pauvres et sans relations.

    La seconde mesure fut d’accorder au prince Morkaryl, brillant magickan, des fonds illimités pour achever le centre de recherche Fractalis (à l’endroit même où l’on avait redécouvert, deux siècles auparavant, l’Arbre de Vie, Grand Vecteur de l’Eau). On y étudiait la magicka, la cosmologie et toutes les sciences fondamentales. Seuls les plus brillants et les plus talentueux esprits furent conviés à joindre ce projet ultra secret.

    En 1542 A.E., l’ascension de Malshiv’ha était connue d’Elphen et, craignant l’arrivée des Malachites ce qui confirmerait ainsi la prophétie de l’Oracle le Sénat prolongea les pouvoirs dictatoriaux de Kantillan. Rassuré dans sa position hégémonique, il agissait de plus en plus en véritable tyran. Terrorisant ouvertement la plèbe, il la menaçait de déportation dans les « fermes »! Il créa même une police politique, la El-Javot, dont la sinistre réputation aurait fait pâlir d’envie n’importe quel roi fengothien! Pendant ce temps, son fils présidait des projets fabuleux quoiqu’extrêmement dangereux –, tels que CRONOS, ECLIPSE ou ROSE (voir 1542 A.E. : Fractalis, Chronique de la Pangée, p. 48).

    Cependant, toutes ces vexations ne pouvaient continuer, d’autant plus qu’elles détonnaient par rapport à la nature profonde des elphs. Un apprenti du Voyageur Sombre, Caranthus, décida d’y mettre fin. Formant un mouvement révolutionnaire appelé « Terre Promise », il déclencha une véritable guerre civile opposant les prisonniers des fermes de production aux nantis qui les exploitaient sans vergogne.

    Par surcroît, à cela allait bientôt s’ajouter les angoisses liées à la création de Force Bleue, cet instrument militaire sans pareille ayant pour but la subjugation du continent de l’Ouest tout entier. En 1440 A.E., en pleine guerre civile elphique, la Grâce de Cristal déploya ses redoutables troupes afin de conquérir la Forêt Blanche. Seule la capitale offrit une résistance, mais le mal était fait. En torturant son propre peuple et en oubliant les valeurs sur lesquelles reposait la grandeur elphique; l’Elpharin despotique avait creusé sa propre tombe. En 1425 A.E., tandis qu’Elphen tombait entre les mains des rebelles, Kantillan fut exécuté avec moult « nobles criminels ». Une partie de son peuple, les survivants des fermes de production, dirigés par Caranthus, partit en exil. Ces derniers allaient bientôt s’enfoncer dans les Ténèbres afin de quitter la brutalité du monde. Ils allaient fonder Carthage, la nation elphique souterraine.

    Le millénaire qui suivit en fut un de décrépitude pour Elphen. Disparue, cette supériorité culturelle, militaire, et politique qui avait rendu ce peuple si arrogant et vaniteux. Au même moment, un homme un demi-elph en fait désirait par-dessus tout que le peuple de sa mère retrouve sa place au soleil : Borys Cuthbert, fils aîné de la terrifiante Grâce de Cristal. Pour ce faire, il proposait de réunir les deux nations elphiques, Carthage et Elphen, sous sa gouverne. C’est en 474 A.E. qu’il se sentit fin prêt à entreprendre ce rêve ambitieux.

    Ce dernier divisait cependant l’opinion publique : à Carthage, on appréciait sa dureté et son sens aigu de la justice. On voyait même en lui un nouveau Caranthus! À Elphen, on le détestait pour le sang éthosien coulant dans ses veines et, évidemment, à cause de sa mère, qui était passé à un cheveu d’anéantir la grandeur d’Elphen. Malgré cela, Borys était fin politicien et sut obtenir un poste de sénateur. Rapidement, il devint impopulaire auprès de la caste supérieure, mais vénéré d’une populace toujours opprimée.

    L’arrivée de Borys au sein de la communauté élitiste des sénateurs coïncida avec la résurgence du pouvoir hittite. De leur capitale de Kharnos, ces barbares lançaient de grands raids dévastateurs et enflammaient impunément la Forêt Blanche. Les généraux d’Elphen, depuis trop longtemps confinés à une existence désœuvrée axée sur la jouissance de leurs privilèges, ne faisaient évidemment pas le poids. La capitale elphique elle-même était en passe d’être mise à sac! En désespoir de cause, le Sénat nomma Borys général en chef des armées d’Elphen. On espérait ainsi briser sa popularité en rejetant sur ses épaules le déshonneur d’une grande défaite qui semblait inévitable.

    Contre toute attente, Borys insuffla un nouvel esprit offensif à ses troupes malmenées et, faisant preuve d’un sens tactique rarement vu sur la Pangée, parvint à défaire les Hittites. Il alla même jusqu’à prendre leur capitale! Avec les richesses obtenues lors de la prise de Simurghia et de Kharnos, Borys « s’acheta » la plèbe elphique en distribuant le tout aux plus démunis. La popularité du jeune général avait alors atteint son paroxysme.

    Le Sénat, dans le but de calmer ses ardeurs, décida de donner au héros national la main de la princesse Lylia (on ignorait alors que les deux jeunes gens se fréquentaient déjà en secret). Après une mise en scène bien organisée par le jeune fiancé, l’Elpharin Lyros abdiqua au profit du seul elph apte à éliminer les menaces présentes et futures : Borys Cuthbert. Depuis lors, ce dernier n’a cessé de travailler dans le sens d’une grande réunification des deux solitudes, Elphen et Carthage, qui se ferait sur le dos de la grande aristocratie. Aujourd’hui, il est à mi-chemin : sa fille, Marybeth, trône sur la grande cité souterraine. Si seulement elle n’avait pas développé un si grand attachement pour sa patrie d’adoption…

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