• Jeux de rôle : À table plutôt que sur Internet

    S H A N N O N P E C O U R T

    Même si internet offre de nouvelles options pour enrichir les jeux de rôle comme le classique Donjons et Dragons, de nombreux adeptes préfèrent encore se retrouver en personne autour d’une table de jeu.

    « Le jeu de rôle plateau, c’est pouvoir s’évader pendant plusieurs heures, voire des semaines ou des années, à l’intérieur d’un monde fictif », affirme le représentant de Productions Windrose inc. Jocelyn Brisebois, également concepteur du jeu de rôle québécois Courant Fractal.

    Lors d’une partie de jeu de rôle, les joueurs se retrouvent tous autour d’une table, souvent chez l’un d’entre eux. Un des participants, le maître du jeu, narre les aventures que ses compagnons vont vivre sous les traits de personnages qu’ils auront préalablement créés. À chaque action ou presque, un jet de dés est effectué et le résultat détermine la façon dont l’action va se passer. Parmi les univers dans lesquels une partie peut se dérouler, on pense tout de suite à Donjons et Dragons, mais il en existe une multitude.

    Souvent, les joueurs gardent leur groupe de jeu pendant des années et c’est une véritable routine qui s’installe. Pour le directeur et cofondateur des Productions Windrose, Sébastien P. Langley, « l’attachement au personnage, c’est la plus grande force motrice [du jeu de rôle]. C’est très apparenté au théâtre, et il y a un attachement au personnage que tu vas développer, et c’est ça qui est généralement la meilleure manière d’attirer les gens à revenir. Parce qu’ils veulent faire évoluer leur personnage dans le temps et dans l’histoire. »

    La taille de la communauté québécoise du jeu de rôle reste toujours plus ou moins la même. « Je n’ai pas vu de grosse explosion, comme les jeux de société ont fait. [...] Des nouveaux, je n’en vois pas beaucoup dans ma boutique, surtout chez les jeunes. Je pense que les gros livres [de règles] les intimident. Ils ont peur d’embarquer là-dedans », souligne le propriétaire de la boutique Chez Geeks, Luca Caltabiano.

    Le contact humain

    Internet a amené avec lui des moyens de réunir des joueurs éloignés et de faciliter, voire même de recréer, le jeu de rôle plateau, qui lui existe depuis environ les années 1970. L’une de ces alternatives est l’application web Roll20, une plateforme gratuite qui permet de servir de plateau interactif.

    Mais ces solutions divisent la communauté. « C’est intéressant de voir qu’il y a des technologies qui s’intègrent dans le jeu de rôle (JDR) sur table. Mais d’un autre côté, il y a un certain non-sens à ça, puisqu’une des forces du JDR sur table, c’est surtout la fameuse communion, comme je l’appelle », explique Sébastien P. Langley.

    Certains sont par contre très friands de cette interactivité. Jocelyn Brisebois a déjà testé plusieurs plateformes de jeu de rôle plateau en ligne. Sans en détester totalement une, il préfère utiliser simplement le logiciel d’appels en ligne Skype. « Tout le monde a ses dés chez eux, tout le monde a sa feuille de personnage. On garde l’aspect “pen and paper” dans le fond. Mais Skype nous permet d’aller rejoindre des gens beaucoup plus loin. J’ai des joueurs du Lac St-Jean, de Québec, de Val-des-Monts […] », souligne le concepteur de jeu vidéo.

    D’autres joueurs, comme Luca Caltabiano, sont beaucoup plus réfractaires à ces nouvelles alternatives et préfèrent le côté convivial du jeu : « Si je vais jouer à un jeu de rôle, j’aime ça être avec le monde, prendre une pause quand je veux, prendre un café. C’est plus intime je trouve », confie M. Caltabiano.

    Selon Sébastien P. Langley, c’est « comme le Monopoly. Quand c’est joué en jeu vidéo, l’expérience n’est pas du tout la même chose. »

     

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